Les escales de nos rêves!...

Tout ce qui nous incite aux voyages... au bout de nos envies d'échappades!...

07 janvier 2008

Air Algérie, l'aventure moderne du XXè siècle

Qu'il me soit permis d'évoquer ici quelques aventuriers des temps modernes!... Je qualifie ainsi tous ceux qui, à partir des années trente, puis après la Seconde Guerre Mondiale, misèrent sur une activité professionnelle dans des secteurs innovants et non dépourvus de risques.

En premier lieu, on pourrait citer les aviateurs qui participèrent aux aventures de l'Aéropostale, au cours des années trente. Ils seront évoqués par ailleurs, ultérieurement. Mais c'est, en quelque sorte, à leurs héritiers que cet article est consacré. Dès la fin des années 40, au sortir de la guerre, ils furent quelques hommes et femmes à se retrouver aux portes du désert. La mission qu'ils s'étaient donnée était simple : former des équipages, prendre possession de quelques DC3 ou Constellation et donner naissance à l'aviation commerciale moderne. Celle-là même que les plus grands pays se faisaient un devoir de développer, puisqu'elle n'en était qu'aux balbutiements. Y compris en Afrique du Nord!... Embarquement immédiat!...

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C'était au temps où on pilotait les avions!...
(Ceci dit sans faire injure à ceux qui comptent derrière eux, de nos jours, 500, 600, voire 800 passagers!)

Bien sur, il y avait déjà Air France, créée en 1933, dans le sillage des héros de l'Aéropostale, déjà citée. Mais nombre de ceux qui avaient combattu dans les F.A.F.L. (les Forces Aériennes de la France Libre) avaient des attaches dans ce img146qui était alors des départements français, Algérie, Maroc et Tunisie. Certains étaient en rupture de ban avec les autorités militaires de l'époque. D'autres, hommes d'affaires déjà avisés, tentaient de regrouper de nouvelles équipes de passionnés. Il ne fallait pas manquer d'audace, ni de persuasion, pour convaincre quelques jeunes hommes, au terme de la guerre, de se joindre à cette aventure : fonder une compagnie d'aviation civile!...

Certes, un marché s'élargissait vers le sud : le pétrole saharien ne fut pas la moindre des motivations, au cours de ces années. Mais, une présence et une représentation de la France, dans tout ce qui étaitimg147 ses territoires à l'époque, allait de pair. De plus, quelques esprits indépendants ne pouvaient négliger le fait de mener, au mieux, leurs propres affaires un rien exotiques, en se tenant quelque peu éloignés du microcosme politique parisien de l'époque. Même si l'histoire allait vite les rattraper!...

La compagnie assura tout d'abord, entre 1947 et 1950, le transport de fret, divers et varié, dans les deux sens. Ainsi, elle passa un contrat pour approvisionner en camemberts toute l'Afrique du Nord!... Vers la Métropole, il s'agissait surtout de primeurs. Même si les Pouvoirs Publics de l'époque privilégient le monopole, Air Algérie obtient rapidement la possibilité de transporter des passagers.

Le parc d'avions augmente et se diversifie. Il faut recruter des pilotes, des hôtesses, des mécaniciens, des agents commerciaux... Les destinations deviennent plus nombreuses. Toute une communauté se forme. Passion et solidarité en sont presque les maîtres-mots, comme une sorte de devise.

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Une jeunesse passionnée bien sûr, à la mode algéroise, au moment même où les "évènements" font craindre le pire. Quinze années hors de commun pour nombre d'entre eux. A peine quelques jours, quelques semaines, pour celles qui ne tardèrent pas à rencontrer l'homme de leur vie!... Au rythme du twist et de la chaleur des nuits d'Alger la Blanche!...

La même jeunesse qui s'extasie lors de l'apparition, en octobre 1955, au Salon de l'Auto, à Paris, de la nouvelle Citroën DS, aux formes absolument... aérodynamiques!... Bien sûr, les épreuves surgissent parfois. Plus tard, bien plus tard, on se raconte ces journées mémorables, qui auraient pu vous coûter la vie, si la providence n'avait veiller sur ces aviateurs.

Ainsi, ce DC 3 qui heurta, le jour des Rois, le 6 janvier 1948, une ligne à haute tension de  220 000 volts, dans son approche des pistes d'Orly!... Et qui finit par se poser quelques minutes plus tard au Bourget, presque sans encombresimg145 img143et l'équipage sauf.

Et que dire de l'incroyable mésaventure, qui aurait dû être fatale à tous les passagers de l'avion, en ce 19 mai 1960?... Un petit avion de tourisme, sorti de nulle part, vint heurter une Caravelle d'Air Algérie, en approche d'Orly là encore, alors qu'elle se trouvait à 700 m d'altitude!... Un seul passager en fut victime, quelques autres blessés... Le mécanicien hurla : "Bon Dieu! on vole en décapotable!..."

C'est toute la maîtrise de l'équipage et le sang froid des hôtesses qui évita une catastrophe presque innévitable. On dit même que (mais, est-ce peut-être la légende?...) ces dernières continuaient à servir le café entre le moment de l'impact et l'atterrissage!...

Ces aventures hors du commun, j'en ai souvent entendu le récit, ou le rappel certains jours, lorsqu'enfant, je ne quittais pas des yeux "mes héros", quelques-uns de ces anciens d'Air Algérie, venus renforcer l'effectif d'Air Inter dès le milieu des années soixante. Éclats de voix et de rires, pour commémorer une amitié indéfectible. Et se souvenir de ces années brûlantes, qui allègent le poids des ans et des changements de caps imposés par les évènements. L'aventure moderne, mais avec une dimension humaine hors du commun.

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Toutes les illustrations de cet article sont extraites du n°146 de la revue Icare,
parue en 1993 et toute entière consacrée à Air Algérie, 1947-1962.
(Encore disponible
)

Posté par PhilR à 23:36 - Escale à l'aéroport - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 janvier 2008

Louis Brauquier - Je connais des îles lointaines

Un pavé dans la Mare Nostrum!... Je vous le concède, pas forcément là, le bouquin que l'on met dans la poche supérieure de son sac à dos, au moment de glisser la clé sous le paillasson!... Mais, il y a de la place dans le sac à voile qui vous sert de bagage, non?!...

Dans son édition de La Table Ronde, au bas mot, 570 pages!... Vous avez là, l'intégrale de l'oeuvre poétique de Louis Brauquier, auteur que l'on peut qualifier de contemporain, puisque né en 1900 et disparu brutalement en 1976, mais pas forcément le plus connu de notre époque.

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Au terme de la Première Guerre Mondiale, il est commis en douane, à Marseille, sa ville natale. Il a déjà créé la revue La Coupo. Dès le début des années vingt, parmi ses relations : Marcel Pagnol, dont le personnage de Marius fut, dit-on inspiré par ses écrits.

Il est alors reçu au concours de commissariat de la Marine marchande et devient membre du personnel des agences extérieures des Messageries Maritimes. Il part donc pour Sidney, puis Nouméa, passe par Djibouti et est en poste à Alexandrie en 1939.

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Puis, viennent Shanghaï, Diégo-Suarez, Saïgon, Colombo... Au delà de ses écrits, il se met à peindre dès 1952. Puis, il se retire à Marseille en 1960. Après combien de tours du monde et d'escales lointaines?...

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De ce port partent de belles goélettes,
Qui vont aux Tubuaï ou aux Tuamotou,
Et de la vérandah du Cercle Bougainville
On peut les voir appareiller dans le couchant.

Je pense aux jeunes gens dans les chambres d'Europe,
Aux adolescents seuls dans des fins de journée,
Qui sortent des bureaux, des ateliers, des livres
Et viennent s'accouder aux fenêtres du ciel.

Ils écoutent monter le grand bruit de la ville
Sous la nuit qui recrée les formes de la rue,
Le bonsoir d'un voisin en bas devant la porte,
Les p
as d'un attardé sur le trottoir désert...

Posté par PhilR à 00:10 - Un livre, une escale - Commentaires [0] - Permalien [#]



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