30 novembre 2008

Henry de Monfreid

Une biographie qui nous transporte aux confins de l'Afrique de l'Est et de l'Océan Indien!... Vous avez rendez-vous avec le célèbre Henry de Monfreid!...

Un charme fou, pour les uns (ou les unes!) sur cette photo en couverture de ce livre de Daniel Grandclément, paru chez Grasset en 1990. Mais, à priori, pas le gendre idéal, sauf à succomber aux sirènes de la Mer Rouge, aux charmes des eaux turquoise ou aux senteurs des multiples épices.

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Une fois installés dans notre XXIè siècle, avec sa charge de paranoïa et d'hyper-conformisme, on se demande s'il y a encore une moindre place pour ce genre d'aventurier. On se surprend même, en l'évoquant, à craindre de faire l'apologie d'un homme peu en phase avec notre époque : trafics divers, mépris de l'autorité (le plus souvent), négligence (relative) de la famille...

Mais, au détour d'un chapitre des Secrets de la Mer Rouge, il nous vient comme une envie d'être parmi l'équipage d'un sambouk qui file entre l'Erythrée et le Yemen, avec quelque cargaison mystérieuse, sous un soleil de plomb.

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Au centre : photo de Michel Waller, en Mer Rouge en 1960, à bord du MS Tocansa

La première moitié du XXè siècle était certes plus propice à l'éclosion d'un tel personnage. Conflits mondiaux, exploitation des possessions coloniales, développement relatif des moyens de transport, supports de communication naissants... Plus tard, le récit d'une navigation épique fit naître la légende. L'image d'un passager au long cours, observant longuement la mer, appuyé sur le bastingage d'un paquebot immaculé, hanta parfois les lignes maritimes.

Tantôt aventurier, peintre ou écrivain, il fut aussi l'homme de la situation, en tant que spécialiste de la corne de l'Afrique, à la fin des années trente. Mais, s'il le fut vraiment, c'était presque en veillant à ne pas se départir d'une approche quelque peu romantique et romanesque des évènements et des personnages.

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Sorte de lien inter-générations, un livre fut publié en 2007. Proposé par le petit-fils du célèbre aventurier, Guillaume de Monfreid, il retrace la vie de son aïeul, en tirant quelques parallèles et en tentant de projeter vers l'avenir les échos d'une vie hors du commun. Pourtant, on devine à la lecture des biographies et autres ouvrages consacrés au personnage, qu'il fut sans doute "un peu trop", pour tous ceux qui l'approchèrent et notamment les membres de sa famille la plus proche. Ce qui n'empêche pas les uns et les autres d'entretenir un lien, un fil d'ariane, au delà du temps et de conserver intact une forme de fascination.

Quelques lignes de ce livre, en guise de conclusion. Un chapitre intitulé : "Les chiens aboient, la caravane passe".

Paradoxalement, on lui reprochait d'avoir été un aventurier trop complet.
Mais, c'était oublier que si l'aventure composait l'essence de sa vie, elle n'était pas exclusive! La différence qui le distinguait radicalement d'avec ses collègues aventuriers était de taille : il était tout autant, sinon plus, un artiste au sens large. Henry nous permettait, grâce à son art multiforme, d'entrer par l'intérieur dans un univers criblé de clichés désespérants et propices aux idées toutes faites. Lui le transfigurait complètement par la peinture, l'écriture et la photographie.

Posté par PhilR à 17:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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